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Catégorie : Actualités

Elève-officier Alexandre : premier Calédonien à intégrer les écoles de Saint-Cyr Coëtquidan Spécial

élève-officier Alexandre élève-officier Alexandre © Saint-Cyr Coëtquidan

Arrivé depuis quelques semaines en métropole, l’élève-officier Alexandre a quitté son île ensoleillée pour la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr Coëtquidan comme officier sous contrat encadrement (OSC-E). 

Un choix qui engage

Titulaire d’un baccalauréat ES obtenu en 2015 et d’une licence économie et gestion obtenue en 2018, le jeune homme, qui a toujours baigné dans le milieu militaire de par son père, ancien marsouin du 21e RIMA [1], s’est tout naturellement tourné vers l’armée de Terre pour marcher dans ses pas et écrire ainsi sa propre histoire. 

La fin de ses études en 2018 fut marquée par son intégration en tant que réserviste au RIMAP-NC[2] qui lui permit de se préparer physiquement et mentalement à la vie militaire dont il rêvait. C’est grâce à la pugnacité de l’adjudant-chef Christophe, chef du CIRFA[3] de Nouméa, que son dossier prit forme, en abordant le parcours de formation en détails. Le sous-officier a ainsi renforcé la détermination du jeune à embrasser la carrière militaire. La décision était prise : commander dans l’armée de Terre au service de l’arme du matériel ! 

« Cest à ce moment précis de ma vie que j’ai trouvé ma voie. »

Le grand départ

Avant de partir en métropole, le jeune homme appréhendait de ne plus voir régulièrement ses proches compte tenu de l’emploi du temps chargé des élèves-officiers. Il s’est préparé psychologiquement et aujourd’hui se montre déterminé à mener à bien son projet. En tant que futur officier encadrement, il sera amené à l’issue de sa formation, à commander une section d’environ 30 soldats, puis, peut-être plus tard, une compagnie. Largement soutenu par les siens, Alexandre sert d’exemple à nombre de ses amis qui le contactent régulièrement pour s’inspirer de son parcours et tenter, eux aussi, de rejoindre l’armée de Terre. 

C’est au lendemain de son arrivée dans la capitale qu’il eut l’immense honneur de signer son premier contrat d’engagement au cours d’une cérémonie emblématique dans l’enceinte de l’école militaire de Paris. Ce fut l’occasion de rencontrer les 140 autres OSC-E qui l’accompagneront tout au long des 8 mois de formation.

A l’issue de cette période d’études, Alexandre intégrera pendant une année complète la division d’application du matériel à Bourges avant de rejoindre l’unité opérationnelle de son choix.

Les deux pieds dans l’institution

Trois semaines après ses premiers pas à Saint-Cyr, entre bivouac et entraînement sportif, l’élève-officier Alexandre a accepté de se prêter au jeu des questions-réponses, voici son retour : 

AdT : Comment s’est passée votre arrivée en métropole ? Pas trop fatigué ? 

Alexandre : Mon arrivée en métropole fut rigoureusement organisée mais particulièrement intense. Entre un long voyage, une nuit saccadée en raison du décalage horaire et un réveil très matinal le samedi pour la signature des contrats, je dois avouer que j’étais fatigué. Pour une première fois en métropole, tout est très impressionnant.

AdT: Comment s’est déroulée votre cérémonie de signature de contrat ? Etait-ce impressionnant de rencontrer la MINARM[4] et le CEMAT[5] ?

Alexandre : La signature du contrat a été une très belle entrée en matière. Ce fut impressionnant de voir cette centaine de volontaires réunis dans ce même endroit prestigieux qu’est l’école militaire et sous les yeux de tant d’autorités. Cela n’a fait qu’accentuer ma fierté ; je me suis senti à ma place. La présence de la ministre et du CEMAT m’a presque ému. Ces deux personnes que je n’avais vu qu’à la télé se sont déplacées pour moi, pour nous ! J’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec le général d’armée Thierry Burkhard et je garderai en mémoire son charisme. Quant à l’accueil de Madame Florence Parly, ministre des Armées, il a été chaleureux et réconfortant.

2020_TGRS_020_A_001_043.jpg©W.Goupy

AdT : Comment vous-êtes-vous senti lors de votre arrivée aux écoles de Saint-Cyr Coëtquidan ?

Alexandre : L’aventure a commencé très vite ; nous n’avions pas une seconde à perdre. J’ai été mis dans le bain dès les premières heures avec la perception du matériel et la sensibilisation à leur entretien. Je pensais avoir besoin de faire un plus gros effort en terme d’adaptation mais c’était sans compter sur le soutien de mes cadres et la fraternité de mes camarades. Ils ont clairement contribué à ma bonne intégration. 

AdT : Comment vous sentez-vous au sein de votre nouvelle famille ? Quelle est l’ambiance qui y règne ?

Alexandre : Par mon expérience de réserviste, j’avais appris le « vivre ensemble » et le respect des ordres donnés. C’est d’ailleurs ce que j’apprécie et ce pourquoi je me suis engagé. La section est vivante, l’ambiance y est excellente et mon chef de section y est pour beaucoup.

AdT : Qu’est-ce qui vous change le plus, hormis les conditions météo, de la Nouvelle-Calédonie ?

Alexandre : Il y a beaucoup de différences entre la métropole et la Nouvelle-Calédonie. Je m’y attendais. Evidemment, mon île et ma famille me manquent et pour l’instant je ne peux pas pratiquer mes passe-temps favoris que sont la pêche, la chasse et la plage. Je m’arme de patience car je suis conscient de la chance que j’ai. Je suis pour l’instant fixé sur mes objectifs et sur ma formation. La fierté que ressent ma famille me rend plus fort. 

AdT : Lorsque vous vous retournez sur votre parcours jusqu’ici, que ressentez-vous ?

Alexandre : J’ai un sentiment immense de joie et de fierté. La majorité des Calédoniens s’engagent en tant que militaire du rang. C’est d’ailleurs ce que j’ai failli faire mais mon conseiller en recrutement a cru en mon potentiel et m’a donné confiance en moi. Je suis très heureux du chemin parcouru. De grandes responsabilités m’attendent et je prends chaque jour un peu plus conscience de l’ampleur de mon engagement. Je me dois d’être à la hauteur.  

AdT : Maintenant que vous avez les deux pieds dans l’institution militaire, comment vous projetez-vous ?

Alexandre : Pour l’instant je me focalise sur la formation car je souhaite maitriser tous les aspects du métier de militaire et toutes les spécificités de mon statut d’officier. Je me donnerai à fond car j’ai été bien conseillé et je ne veux pas décevoir. La formation est progressive et me semble adaptée. J’ai hâte d’en apprendre plus !

AdT : Pourquoi avoir choisi l’arme du matériel ?

Alexandre : Ce choix d’arme est surtout lié à mes affinités personnelles. Je m’intéresse depuis toujours à la logistique de manière générale et plus particulièrement à la mécanique. Je m’étais renseigné sur les spécificités des autres armes mais c’est celle-là qui m’a le plus attiré. C’était une évidence car je considère que la maintenance joue un rôle primordial dans la réalisation et le bon déroulement des missions de l’armée de Terre. Et puis, peu importe l’arme, car un jour je commanderai des soldats et c’est ce que je souhaite vraiment faire.

AdT : Un mot pour les Calédoniens qui souhaitent s’engager dans l’armée de Terre et peut-être marcher dans vos pas ?

Alexandre : Les Calédoniens sont humbles et n’ont peur de rien. Je dirais qu’il faut être déterminé et ne pas abandonner car on a forcément des moments de doute et de tristesse. Je m’apprête à faire un métier exigeant et mes premiers pas dans l’institution me prouvent que je ne me suis pas trompé. Le sens de la camaraderie et de l’honneur sont des valeurs que partagent tous les Calédoniens ; c’est ce qui nous motive et nous aide à maintenir le cap. Je leur souhaite de toujours persévérer afin d’atteindre les objectifs qu’ils se fixent. 

 

[1] Régiment d’infanterie de marine
[2] Régiment d’infanterie de marine du Pacifique de Nouvelle-Calédonie
[3] Centre d’information et de recrutement des forces armées
[4] Ministre des Armées
[5] Chef d’état-major de l’armée de Terre


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